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INFORMATION

Moustique tigre (Aedes albopictus) : guide national d'information

Tout savoir sur le moustique tigre en France : identification, gîtes larvaires, prévention, signalement et risque arbovirus (dengue, chikungunya, Zika).

Le moustique tigre en France : situation actuelle

Le moustique tigre (Aedes albopictus) est une espèce exotique implantée en France métropolitaine depuis 2004 (premier signalement à Menton). Vingt ans plus tard, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) confirme sa présence dans plus de 70 départements, soit la majorité du territoire métropolitain.

Cette progression, qualifiée par Santé publique France de “rapide et continue”, s’explique par des hivers plus doux, le transport passif (pneus, plantes ornementales) et l’urbanisation des banlieues offrant de nombreux gîtes larvaires.

Le moustique tigre n’est pas un nuisible “classique” : il est avant tout un vecteur potentiel d’arbovirus (dengue, chikungunya, virus Zika). C’est ce statut qui mobilise les politiques publiques depuis 2006.

Identifier Aedes albopictus

Le moustique tigre se distingue clairement des moustiques communs (genre Culex) :

  • Taille : très petit, 5 à 7 mm seulement (deux fois plus petit que Culex pipiens)
  • Couleur : noir ennoyé d’argent — corps noir avec une fine ligne blanche sur le thorax et des bandes blanches sur les pattes
  • Activité : diurne (contrairement à Culex, actif au crépuscule). Pic de piqûre en milieu de matinée et fin d’après-midi
  • Comportement : silencieux, vol bas (rarement au-dessus de 2 m), piqûre furtive
  • Habitat : strictement urbain et périurbain — n’est jamais en milieu rural ouvert

Une planche d’identification visuelle est disponible sur le portail du Muséum national d’Histoire naturelle.

Pourquoi est-il considéré comme un risque sanitaire

Aedes albopictus est compétent pour transmettre 26 arbovirus. En France, trois sont surveillés en priorité :

  1. Dengue : depuis 2010, des cas autochtones sont identifiés chaque été (2010 Nice, 2014 Toulon, 2022 cluster en région PACA et Île-de-France)
  2. Chikungunya : cas autochtones depuis 2010 (Var) et 2017 (Côte d’Azur, foyer de 17 cas à Cannet-des-Maures)
  3. Zika : risque encore théorique en métropole mais avéré dans les territoires ultramarins

Le risque demeure statistiquement faible pour un individu (moins de 0,01 % de chance de contracter un arbovirus en France métropolitaine), mais l’enjeu collectif justifie la surveillance entomologique pilotée par l’Anses et les Agences régionales de santé.

Cycle biologique et gîtes larvaires

Le moustique tigre se reproduit dans des eaux stagnantes en faible volume. Une coupelle de pot de fleur, un seau oublié ou une gouttière obstruée suffisent. Les femelles pondent leurs œufs sur les parois sèches juste au-dessus de l’eau ; ces œufs résistent à la dessiccation et peuvent éclore plusieurs mois après la ponte, lors d’une remise en eau.

Durée du cycle : 7 à 10 jours en été (œuf → adulte). Une seule femelle pond 60 à 100 œufs tous les 2-3 jours. La portée totale d’une population sur une saison se chiffre rapidement en milliers d’individus.

Périmètre de vol : 100 à 150 m maximum. Cela signifie que la lutte est efficace si elle est appliquée à l’échelle du quartier ou du voisinage : une seule maison qui maintient des gîtes larvaires recolonise tout le pâté de maisons.

Suppression des gîtes larvaires : le seul levier vraiment efficace

Aucun traitement insecticide adulticide (pulvérisation) n’égale en efficacité la suppression mécanique des gîtes. Les Agences régionales de santé recommandent à chaque foyer de vérifier hebdomadairement :

  • Les coupelles sous les pots de fleurs (vider, retourner ou remplir de sable)
  • Les soucoupes de meubles de jardin, jouets d’enfants, gamelles d’animaux
  • Les bidons et seaux (couvrir hermétiquement ou ranger à l’envers)
  • Les bâches de piscine et bassins (tendre, traiter au Bti si bassin permanent)
  • Les gouttières et chéneaux (curer en automne et au printemps)
  • Les regards d’eaux pluviales (poser des moustiquaires à mailles fines)
  • Les bambous coupés (boucher les nœuds avec du sable ou de la résine)
  • Les pneus stockés (couvrir, ranger à l’abri)
  • Les vases de cimetière (utiliser des sables hydrophiles ou de l’eau gélifiée)

Cette liste, dite des “10 gestes simples”, est diffusée par Santé publique France depuis 2017 et reprise par la majorité des préfectures.

Signaler une présence : portail officiel

Toute personne ayant identifié un moustique tigre dans une zone non encore colonisée peut le signaler sur :

signalement-moustique.anses.fr

Le formulaire requiert une photo et une géolocalisation. Les signalements sont traités par les services de surveillance entomologique régionaux (gratuit, anonymisable). Cette base de données alimente la cartographie nationale d’extension de l’espèce.

Cadre réglementaire

  • Arrêté du 7 juillet 2006 modifié, relatif à la lutte anti-vectorielle
  • Loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, articles L.1338-1 à L.1338-5
  • Circulaire DGS/RI1/2020/204 du 17 décembre 2020 — surveillance et action anti-vectorielle
  • Règlement sanitaire départemental type (varie selon département)

Les communes situées en zone d’implantation peuvent prendre des arrêtés municipaux complémentaires (notamment pour les domaines publics : cimetières, parcs, réseaux pluviaux).

Lutte chimique : un dernier recours encadré

Le recours aux insecticides est strictement encadré. Les seules molécules autorisées contre Aedes albopictus en France sont :

  • Le Bti (Bacillus thuringiensis israelensis), bio-insecticide larvicide, peu sélectif mais efficace
  • Le deltaméthrine (adulticide), réservé aux opérateurs publics dans le cadre de la lutte anti-vectorielle déclenchée par les ARS sur cas humain

L’usage domestique de pulvérisations d’insecticides “moustique tigre” vendus en jardinerie a une efficacité limitée (effet de quelques heures) et un impact négatif documenté sur les pollinisateurs et la faune auxiliaire. Les recommandations officielles privilégient toujours la suppression des gîtes larvaires.

Ressources institutionnelles utiles

  • Santé publique France — Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH)
  • Anses — Avis sur la surveillance d’Aedes albopictus
  • Muséum national d’Histoire naturelle — Inventaire national du patrimoine naturel (INPN)
  • EID Méditerranée, EID Rhône-Alpes, EID Atlantique — opérateurs publics de démoustication
  • Ministère de la Santé — Plan national anti-dissémination du chikungunya et de la dengue

Pour les communes

Un kit de prévention dédié aux services hygiène et santé publique des collectivités est disponible : Moustique tigre — kit pour les communes.

Pour les particuliers en cas de nuisance avérée

Si malgré la suppression des gîtes larvaires votre logement subit une infestation persistante (situation rare, généralement due à un voisin négligeant son extérieur), vous pouvez :

  • Saisir le service hygiène de votre mairie (signalement domaine public ou voisinage)
  • Consulter votre ARS pour les actions collectives en cours
  • Faire appel à un prestataire agréé Certibiocide pour un diagnostic personnalisé — voir démoustication
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